lundi 16 août 2010

Causerie du lundi de Philippe Gandillet. Je suis sur « faceboook ». Ça vous étonne ?


Pierre est parti pour quatre jours de vacances dans le Jura.

Il ne m’a laissé aucun ouvrage à vous présenter, pas le moindre maroquin à me mettre sous la dent, et je surfe négligemment sur facebook ; FB, pour les intimes ; en attendant le chaland. J’y ai crée une page* pour me faire de nouveaux amis. Je ne vous l’avais pas dit ?

Laissez-moi vous conter mes premières impressions. Je tiens à préciser que je ne suis pas un exemple et que mon expérience de deux mois d’internautie facebookienne ne m’autoriserait pas à en faire un billet si j’avais, un tant soit peu, le sens des convenances…

J’ai écrit sur mon mur**, la première fois, il y a bientôt deux mois. Certains écrivent avec une plume sur du papier. Là, vous écrivez avec votre clavier sur un mur. Les temps changent !

Qui vous lit ?
Des gens qui savent que vous êtes sur la toile***! Pour ceci, vous devez chercher sur votre listing informatique si certaines connaissances ne seraient pas déjà sur FB. Le logiciel du serveur le fait pour vous, si vous le désirez. Vous cliquez sur « demande d’amis » : C’est fait. Pensez à poster un message auparavant. Quelques personnes seront honorées de faire partie de vos amis (et inversement) pour augmenter leur propre score d’amis (c’est un jeu). D’autre voudront savoir ce que vous avez à dire… Vous pouvez les aider en présentant votre profil**** de face.

Qu’est-ce qu’un ami ?
Un « ami » virtuel est une personne qui s’inscrit sur votre mur. Vous ne le connaissez pas, il a souvent un pseudonyme étrange et vous n’en auriez, peut-être, pas fait un ami en d’autres occasions. A cet égard, je vous mets en garde contre les photos du profil qui peuvent être trompeuses. J’ai accepté comme amie une jeune femme qui s’avérait être la fille de celle que je pensais mais qui lui ressemblait. Les turpitudes de sa vie sentimentale me laissaient pantois ;-))

Faut-il accepter des membres de sa famille ?
Je déconseille fortement cette option. Il n’est pas très glorieux d’espionner ses enfants, de constater leur niaiserie et de voir étalés devant vos yeux médusés, des fautes d’orthographes que vous n’auriez pas accepté chez les autres…


Apprend-on des choses sur FB ?
Oui. On constate rapidement que FB n’est pas un lieu d’échange mais une suite de monologues interrompus par quelques cautions promptement exprimées. A cet égard, si vous ne vous intéressez pas particulièrement à la vie politique, vous allez être surpris de voir qu’elle est une source inépuisable de haine et de mauvaise fois. Nos gouvernants n’ont qu’à bien se tenir !

Féminin ou masculin ?
Mes billets n’étant pas des entrées gratuites pour le stade vélodrome, mes lecteurs semblent en majorité des lectrices. On s’attendrait donc, quelquefois, à plus de courtoisie… Une des caractéristiques de FB par rapport à un blog classique est la réactivité des échanges associée à une volatilité des messages. Aussitôt édités, aussitôt oubliés. On écrit donc pas pour la postérité…

Face book est-il marrant ?
Message de Eric Poindron : J’ai mangé de la brioche en regardant la pluie tomber mais il n'y a rien à y conclure.
Réponse de Silvère Sarfati. Ben si : Vous vous êtes fait chier !
Il est évident que si vous vous prenez au sérieux, vous allez vite être déçu.

Bonne ou mauvaise idée ?
J’ai maintenant 74 amis virtuels sur FB en deux mois et Pierre n’a que 76 membres inscrits sur son blogue en un an Il peut en tirer les conclusions qui s’imposent… Pour être franc avec vous, je dois reconnaitre que la qualité des commentaires sur le blogue est bien supérieure à celle de FB mais que les lecteurs du blog osent moins s’exprimer… Question d’éducation et de pudeur, surement…
Donc si j’avais un conseil à donner un ami Académicien qui souhaiterait se lancer dans l’aventure, je lui dirais : Cours vers ton risque ! A te regarder, ils s’habitueront
A un ami virtuel de FB, il faut dire : !!^^ ;-)) **

Votre lundiste dévoué et néanmoins branché. Philippe Gandillet

* Une page est un espace virtuel où l’on peut s’exprimer en tapant sur le clavier de son ordinateur
** Un mur c’est comme une page mais c’est un jargon très tendance.
*** La toile est le réseau informatique mondial accessible au public. Si vous me demandez plus, je me ridiculise…
**** Le profil est votre meilleur profil.

24 commentaires:

Hugues a dit…

Ah, cher Philippe, vous voici vous aussi sur facebook... Je vais finir par croire que le Blog du Bibliophile doit également y ouvrir son profil...
Hugues

Textor a dit…

Mr Gandillet, je serais sur Facebook, je vous dirais, « Arrête ton char, René ! », on se tutoie sur FB car on est entre « amis » alors qu’on vouvoie le rédacteur d’un billet sur un blog, par égard pour l’auteur.
Je viens de me lancer aussi sur facebook, et le résultat d’une semaine d’escalade du mur est plutôt décevant. Il est vrai que je rejette systématiquement tous ces amis qui veulent devenir les miens sans me connaitre, alors que visiblement seuls les intéressent des groupes de chanteurs dont je n’ai jamais entendu parler, et des films qui ne passent pas à la Manivelle (Le cinéma de Redon).
J’ai envie d’écrire sur mon mur une formule tirée de Rougeur des Matinaux: « Prenez garde : tous ne sont pas dignes de la confidence ».

Amitiés bibliophiliques
Textor

Anonyme a dit…

«L'essentiel est sans cesse menacé par l'insignifiant.»

René qui a arrêté son Char.

Anonyme a dit…

Il faut un peu de temps pour comprendre FB. Le chemin initiatique est, en effet, cahoteux ce qui ne signifie pas qu'il est chaotique... Philippe Gandillet

Pierre a dit…

Le blog du bibliophile, à vocation pédagogique, serait une bonne idée pour facebook mais une mauvaise idée pour vous car il est chronophage. Personnellement, j'y recycle mes articles dilettantes agrémentés d'une courte introduction sur mesure, donc ça va... Faire des articles originaux ne serait pas raisonnable, je crois.
Vous pouvez essayer mais après la NRLA, cela va vous sembler bien fade... Pierre

calamar a dit…

FB c'est fun, c'est in ! (ah non, ça c'est le vocabulaire d'il y a au moins quarante ans...) c'est trop ! MDR ! (je dois être plus dans le ton). Et les photos du Bibliomane sont d'une tonalité assez... comment dire... il faut aller voir.
Textor, je pense que vous allez recevoir une demande d'ami assez rapidement, merci de ne pas me rejeter (j'utilise mon vrai nom sur FB, je sais ce n'est pas raisonnable !)

Anonyme a dit…

C'est quoi déposer un poke ? Ca convoque les services de la salubrité municipale ?


Montag

Pierre a dit…

C'est vrai, çà. C'est quoi un poke ?

Textor a dit…

Calamar, je ne sais pas si je vous reconnaitrais sous votre vrai nom mais sachez que je vous accepte comme Ami FB sans condition !
Pour le Poke je ne sais pas non plus, il va falloir recourir à Bertrand qui est un vieil habitué.
En attendant ce n'est pas sur FB que je vais résoudre ma recherche de ce soir ( pour un prochain article) à savoir l'atelier de reliure qui utilisait une roulette avec une herse couronnée, un griffon, des glands, des roses et un lion ...

Textor a dit…

Ha, j’ai trouvé, pas pour la roulette, mais pour le poke : Rien à voir avec Pokémon, poker, c’est toquer à la porte ou tapoter amicalement, voir plus pour le sexe opposé. David Abiker nous dit que "Le Poke, c’est peut-être un des tout premiers gestes virtuels sans équivalent, une sorte de stimulus inclassable, un mouvement affectueux et pas réel de socialisation virtuelle qu’on ne peut accomplir qu’avec un écran et un clavier. Le Poke serait-il le début de notre mutation linguistique? Un peu comme nous sommes passés du grognement à la parole, il y a des milliers d'années?"

Anonyme a dit…

Une sorte de mains aux fesses virtuelle, quoi.

Pierre, vous êtes prêt psychologiquement ?

Montag

Anonyme a dit…

Quel effet ça fait de mettre la mains aux fesses d'un bouc, même virtuellement ?

René

Pierre a dit…

J'ai déjà du mal à embrasser un homme de mon sexe ;-)) alors un poke !!

J'aime bien le mot sans savoir pourquoi. Il reviendra dans la conversation, peut-être francisé (un poque ?)... Pierre

Anonyme a dit…

Poquer c'est jeter sa boule très haut de telle manière qu'en retombant elle s’immobilise très vite....en écrabouillant le facebooker ?


Montag

Lauverjat a dit…

"une roulette avec une herse couronnée, un griffon, des glands, des roses et un lion..."
C'est beaucoup pour une roulette... pouvons nous voir?

Lauverjat

Le Bibliophile Rhemus a dit…

J'y suis resté deux mois...
Agacé par les demandes d'ami(e)s inconnus, j'en suis parti, enfin soulagé, n'ayant jamais compris l'intérêt de ce déballage public d'informations privées sans aucun intérêt.

Pierre a dit…

J'ai posté un message où je soumettais l'idée que facebook pouvait être à la fois un lien social (déballage public d'informations privées) et un lien culturel (promotion de l'érudition par la présentation d'ouvrages). L'idée n'a pas paru idiote à mes lecteurs clairsemés même si la réalisation se rapproche du doux rêve.

Je suis, par contre, d'accord avec Jean-Paul qui se demande à quoi sert FB. Je ne sais pas encore. J'aurai la réponse plus tard, je pense... Il en est ainsi de nombreux médicaments dont on trouve l'utilité longtemps après leur commercialisation (aspirine et pathologies cardiaques mais il y en a d'autres).

Contrairement à d'autres, je dois avouer que je cherche aussi à utiliser FB pour des raisons bassement commerciales. Pierre

Textor a dit…

Lauverjat, je confirme que la roulette en question contient tous ces éléments (Sauf que ce n’est peut-être pas un dragon mais un griffon et que le lion a une tête de léopard mais bon !) Pour la herse c’est sur, car elle possède 2 torsades, qui sont en fait des chaines dont j’ai retrouvé un dessin similaire sur des pièce de l’époque de Henri VIII. . Vous verrez cette reliure bientôt quand j’aurais achevé cet article sur les reliures angalaises des années 20 que je destine à Bertrand pour l’anniversaire des 2 ans du BM.
Bonchoir, comme on dit à St Flour.
Textor

Bertrand a dit…

Je me suis toujours dit qu'internet était comme la vraie vie, Facebook n'a aucune raison d'échapper à la règle. Comme dans la vraie vie, dans la vie virtuelle, il y a les grands, les petits, les gros, les maigres, les chauves et les chevelus, les bien rasés et les mal rasés, ceux qui crient fort et ceux qui parlent doucement, les invivables et les sociables, les sectaires et les communautaires, les causeurs et les timides, bref, rien n'est différent de la vraie vie. Alors pourquoi y chercher des différences ? Je suis sur Facebook comme dans la vraie vie, et si je devais y jouer un rôle, la réalité de mon caractère me rattraperait bientôt. Le mythomane doit se méfier sur internet, il est vite démasqué. Pierre peut garantir que je suis tel que j'apparais aux visiteurs du blog du Bibliomane ou à mes lecteurs Facebook. Quant à savoir s'il y a un intérêt à être sur Facebook et qu'y faire, je crois que ceux qui se posent cette question doivent souvent se poser la question de savoir si oui ou non ils vont aller à l'apéro auquel ils sont invités chez des connaissances un peu lointaines... moi je ne me pose jamais ce genre de question. J'y vais ! Et si c'était nul, je n'y retourne pas. B.

Pierre a dit…

Cette approche de FB me semble cohérente. Une chose est certaine : La virtualité facebook n'est pas pire que la réalité de notre monde.

On serait déçu en attendant de ce lien social un trésor d'humanité mais on peut, peut-être, y trouver quelques pépites ;-))

Anonyme a dit…

Je confirme, pour les pépites : je ne fréquente pas FB, mais je publie mes photos sur un site d'échange où l'on peut aussi avoir des contacts, discuter, se rencontrer (notamment pour des sorties photos, si de la même région) et pour moi, quelques jolies rencontres qui sont devenues de belles amitiés qui ne m'ont pas déçue. Comment mêler le virtuel au réel, en dosant soigneusement les ingrédients incontournables à ne pas oublier dans la recette.
C'est effectivement, comme le dit Bertrand, similaire à la "vraie vie" ; on peut louper son soufflé qui va s'effondrer brusquement, ou alors se délecter d'un mets particulièrement bien assaisonné...

(mais non, je ne suis pas cuisinière !)


Nadia

Jeanmichel a dit…

En effet, rien ne change rien à rien, et réciproquement. Autant je fuyais les apéros avant, autant je continue à ne pas y aller.
J'ai juste noté un changement chez mon chat, qui, depuis qu'il fréquente Facebook, a pu constater l'humanité des souris et ne les chasse plus.

Pierre a dit…

Il me semble que nous nous sommes connus avant mon coming-out, Nadia. Nous garderons ceci pour nous car des amis nous écoutent ;-))

Votre témoignage me touche. Vous êtes la pépite de la journée ! Pierre

Pierre a dit…

Si FB a fait quelque-chose pour les souris, il le fera aussi pour les humains. Pierre