vendredi 25 décembre 2009

Les Quatre Évangiles


Noël est là qui amène son lot de joies mêlées.

Joie pour les croyants de fêter la naissance de Jésus de Nazareth, joie pour les enfants de recevoir des cadeaux (ou de l'argent pour les plus grands qui se défient du goût de leurs parents), joie pour les parents de réunir autour d'eux une partie de la famille, joie pour les commerçants qui voient avec plaisir le chaland ouvrir la porte des boutiques et joie, pour moi, de finir ma première année de libraire sans regret de ma vie d'avant…

Je n'ai pas encore tout compris de cette profession, loin de là, mais à posteriori une des choses qui m'a été le plus difficile à mettre en place depuis mes débuts fut de déterminer à priori la valeur marchande d'un ouvrage. Plusieurs fois, des amis libraires ont été surpris que je donne un prix excessif à des ouvrages qui ne brillaient, pour eux, que par leurs atours. L'édition des Quatre Évangiles que je propose aujourd'hui est exclue par définition des ouvrages au contenu inepte et la présentation sera donc plus aisée…

Puisque nous sommes le jour de Noël, je vous exposerai les quelques textes qui se rapportent à la nativité dans l'ordre chronologique mentionné par les Quatre Évangiles, étant entendu que l'essentiel des informations que nous détenons provient , par ailleurs, des Évangiles Apocryphes.


C'est d'abord Saint Luc qui nous relate la vision de Zacharie à qui l'Ange Gabriel promet un fils prodige. Il en restera muet de surprise… Puis vient l'annonciation et la bonne nouvelle pour la vieille cousine Élisabeth que Marie ira visiter. Cette "Visitation" est d'ailleurs le symbole de la Foi des 'Visitandines" de notre monastère de Tarascon. Puis, c'est le "Magnificat", élan de joie de Marie comblée d'être la mère de notre Seigneur et dont les plus grands compositeurs dont Jean-Sébastien Bach feront leurs œuvres vocales majeures. (Magnificat en ré majeur BWV 243 de Bach).

C'est Saint Mathieu, ensuite, qui nous parlera du bon Joseph, confronté à un sacré dilemme, vous l'imaginez, et que l'Ange Gabriel finira de convaincre de prendre Marie pour épouse.

Saint Luc, tirera le fil de ce récit en nous racontant la naissance de Jésus-Christ, le gîte à Bethléem loin de la chambre d'hôte escomptée, l'annonce de l'Ange Gabriel aux bergers et l'adoration ; l'admiration qui s'en suivit. Malheureusement pour les amoureux des bêtes, pas d'âne ni de Bœuf chez Luc. Il faudra attendre l'Évangile Apocryphe de "Pseudo-Mathieu", c'est son nom, pour en entendre parler.


La présentation au temple sera rapportée par Saint Luc mais c'est Saint Mathieu qui finira de nous retracer la Sainte Enfance avec l'arrivée et l'adoration des Rois Mages, la jalousie d'Hérode et le massacre des innocents avant la fuite en Égypte.

Certains me diront que pour connaître le récit de la nativité, nul n'est besoin d'avoir les quatre Evangiles dont le texte est moitié en latin et moitié en français, de l'avoir dans une édition du 18eme siècle en plein veau, au format in 8 dont les pièces de titre et la tomaison sont dans un luxueux maroquin aux lettres dorées comme les motifs qui ornent les espaces entre les nerfs, qu'il n'est pas besoin d'avoir des exemplaires en bon état mais dont on perçoit nettement des traces d'usures aux coiffes et aux coins et dont les ex-libris ont été sciemment soustraits à nos yeux perçants. Voilà ce que certains me diront.


Mais comme il existe encore quelques bibliophiles, quelques amateurs de livres rares et précieux, quelques collectionneurs qui aiment autant les livres que la littérature, alors pourquoi pas ne pas leur proposer cet achat judicieux ? Ces ouvrages pourront les combler pour la somme de ... Vendu. Et puis, à ce prix, ils auront toute la fin de l'histoire…

Joyeuses fêtes de Noël. Pierre

4 commentaires:

Bertrand a dit…

Merci Pierre et joyeux noël à vous et à vos proches et au monde entier ! N'oublions pas les exclus, les pariats, les crève-la-faim, les misérables de notre temps, les trader aussi, les investisseurs de tous poils, les golden boys et les Beach Boys, bref, joyeux noël à tous.

Merci pour cette excellente présentation digne d'un séminariste (à ne pas confondre avec un inséminateur, rien à voir).

En fait, si j'ai bien compris, l'histoire que nous raconte les évangiles, c'est un peu tout Tolkien réuni. Le Mordor, le Gondor, la Comté, la forêt de Lorien avec ses blondes diaphanes enchanteresses, ses monstres, ses visions morbides et ses envolées d'espoir aussi.

Ca tombe bien ! Je suis fan de Tolkien et de toute son oeuvre.

Merci encore et à très bientôt.

B.

Anonyme a dit…

Merci d'avoir eu une pensée pour les traders.

S.T.E.S (Syndicat des traders empreints de scrupules)

Bertrand a dit…

Comme je l'écrivais, en ces soirs de liesse, il faut toujours avoir une pensée pour les plus démunis.

B.

Pierre a dit…

St Mathieu, St Marc et St Luc, toute chose gardée, c'est un peu du Tolkien.

St Jean et son « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. », c'est un peu comme quand quelqu'un veut t'expliquer le film...