lundi 25 avril 2016

La plume sous le masque : Pensée du 15eme jour…




Je suis "Superfatigué" ! En fait, c’est comme "fatigué" mais avec un masque et une cape…

Je viens de dépasser la moitié du protocole de mes traitements post-opératoires initiaux ; la chimio et la radiothérapie constituant l’essentiel de ces soins ! Bien évidemment, on ne voit pas trop que je suis moralement et physiquement fatigué puisque je suis souriant et que je fais bonne figure mais je vous assure que les gars qui ont inventé ces procédés devraient les essayer sur eux avant de les proposer à leurs patients. C’est "superfatiguant" ! Vous me direz que je n’ai guère le choix et c’est vrai…

J’apprends donc à connaître mes limites. Vous comprenez bien qu’il ne s’agit pas de ces limites, faciles à reconnaître et pour lesquelles il suffit de faire un petit (ou gros) effort afin de les surpasser. Celles-ci, on les connait dans le sport par exemple et je les redécouvre également, aujourd’hui, puisque mon bras gauche est, pour l’instant, inefficace et très approximatif dans ses mouvements…. Je vous parle, ici, des limites dont nous n’avons pas toujours conscience, des limites psychologiques, des limites inconscientes, des limites tout simplement inconnues dont nous ignorons jusqu’à l’existence puisque nous n’avons jamais eu à les tester !

J’aurai, si tout se passe bien, encore six mois pour les déterminer (durée totale du traitement). Comment connaître, en fait, ces fameuses limites psychologiques à notre souffrance ? Car il s’agit bien de "souffrance" dont nous parlons ici ! Il y a, en effet, une grande différence entre la douleur qui s’attache au physique et la souffrance qui englobe justement ces limites psychologiques auxquelles nous somme parfois confrontées.

Nous avons tous, en tant qu’êtres humains, des fragilités et des failles. Nous sommes donc conduits à passer notre vie à essayer de composer avec ces fameuses limites. Certes, tout dépend de l’ampleur de nos blessures ! Faut-il cependant ignorer nos propres failles ? Je ne le pense pas. En réalité, c’est au sein même de nos failles qu’éclot (ça sent le printemps...) notre désir de survivre et que commence à se structurer notre avenir. Alors je suis patient ; ou alors je fais semblant de l’être ! Je ne suis pas "Superman", je dois l’avouer, mais il me plairait bien de passer pour un héros auprès de mes proches ! 

Pierre

6 commentaires:

calamar a dit…

mais si, Pierre, tu es Superman ! et avec Philippe Gandillet, le bicorne bien planté sur le crâne (si j'ai bien suivi ça doit être plus facile maintenant), tu formes une équipe digne de Batman et Robin à toi tout seul.

Pierre a dit…

Tu as raison pour le bicorne Christian ! Sauf que j'ai remplacé celui-ci par une casquette à l'effigie de l'OM qui a l'avantage de mieux résister au Mistral... Tu as aussi raison de mentionner que Philippe Gandillet est un soutien fidèle dans cette épreuve. Amitiés Pierre

Nadia a dit…

L'OM !?? ca va pas du tout, dans l'état où ils sont.
Remplace par le PSG... :-))

"Il me plairait bien de passer pour un héros auprès de mes proches"... hum. Crois-tu qu'ils soient dupes ? je ne connais pas personnellement ces souffrances dont tu parles, intrinsèquement liées, pour moi, à la maladie et à ce qui tourne autour (au-delà des traitements, la possible récidive, un jour, en fait partie). Comme dit mon amie Patricia, il y a un "avant le cancer" et un "après". Mais dire sa souffrance ou sa peur ne va pas te faire dégringoler de statut de héros à statut de type faible. Tu es juste profondément humain et normal (ouf, te voilà rassuré).

Pour en reparler si tu le veux.

Jean Michel Poulain a dit…

Pierre, que j'ai connu il y a une petite quarantaine d'années, à l'époque ne fumait pas (ou très peu), ne buvait pas (sauf exception) et avait un humour bavard et rieur.
Il n'a pas changé apparemment et le coup il le surmontera, ça j'en suis sûr.
Cette dépilation capillaire semble importante au début, mais si Pierre ressent les choses ainsi que je les ressens, il n'aura plus à la cacher. Elle est là, elle se comble lentement, à son rythme, elle nous appartient, fait partie de notre vie, donc autant se montrer avec elle. Elle n'est pas belle dans le style chevelu, mais ainsi progresse la vie : on s'habitue, et les gens qui nous croisent s'y habituent aussi.
Je portais un bonnet ; je l'ai laissé tomber...

Jean-Michel

Nadia a dit…

Messieurs, il est des calvities très sexy...

Pierre a dit…

Comme je n'arrivais pas à mettre le bonnet d'une seule main j'ai préféré rapidement la casquette, Jean-Michel ;-)) Et, si ce n'était le fait que j'ai dû en emprunter une à un de mes enfants, supporter d'une équipe de football, elle me siérait à merveille ! Pierre