jeudi 11 octobre 2012

Joseph d'Arbaud et Léo Lelée : gardians des traditions camarguaises...


Joseph d’Arbaud est né à Meyrargues, petit village provençal à 15 km au nord d’Aix-en-Provence, en 1874, dans la propriété familiale que l’on appelait « La petite bastide ». Sa mère, Marie-Louise Martin, née en 1844, d’une famille cavaillonnaise, fut la première poétesse du Félibrige en publiant en 1863 un recueil de poèmes : Lis amour de Ribas. Son grand-père maternel, Valère Martin, a de son côté écrit quelques poèmes provençaux qu’il signait lui aussi d’un pseudonyme éloquent " Lou Felibre di Meloun ". Dès sa naissance, Joseph d’Arbaud a donc de qui tenir!


C’est l’année du baccalauréat qu’il prend contact avec les milieux félibréens chez son cousin, Folco de Baroncelli-Javon, le futur « Marqués » et qu’il rencontre l’un des meilleurs écrivains de l’époque, Félix Gras. Plus tard, il poursuit ses études à l’Université d’Aix où il est étudiant de la Faculté de Droit de 1896 à 1898.


Alors qu’il semblait avoir devant lui une carrière toute tracée de magistrat ou d’officier comme son père, et qu’il était en vue dans les salons aixois, il disparaît en 1898 pour rejoindre en Camargue, aux Saintes Maries, son cousin Folco de Baroncelli, passant ainsi de la quiétude plus ou moins oisive des citadins au milieu simple et rude qui est celui des éleveurs de taureaux, retrouvant ainsi les grandes et nobles traditions de la chevalerie. C’est, en effet, à la suite de ce contact prolongé avec les réalités camarguaises que le Marquis crée ce que nous appelons « l’Esprit Gardian », fait d’amour pour les chevaux et les taureaux, de passion pour ce pays unique au monde qu’est la Camargue, le tout couronné par un dévouement inconditionnel à la seule langue que pratiquaient ces gardians, le provençal.


D’Arbaud, en s’exilant en Camargue, répondait assurément à une vocation profonde, à l’appel de la nature. Quoi qu’il en soit, après avoir appris le métier sous la direction de son cousin Folco, il achète une manade de taureaux croisés au Clos du Radeau, au nord de Port-Saint-Louis-du-Rhône, sur la rive gauche du Rhône. Il est manadier de 1898 à 1906. C’est de cette époque que datent les poèmes des « Cant Palustre » et « Nouvé Gardian », inspirés par la Camargue. C'est ce dernier ouvrage que je propose aujourd'hui à la vente.













Malheureusement, il tombe malade et doit aller se soigner en Suisse. Il y reste cinq ans et cependant, s’il recouvre la santé, il ne pourra plus reprendre la vie active du manadier. C'est son ami Léo Lellée, l'illustrateur talentueux de cet exemplaire à la vente qui reprendra la manade pendant sa convalescence. Il prend néanmoins la tête de la Confrérie des Gardians qui existe depuis le XVIème siècle, il est en même temps l’un des animateurs de la « Nacioun Gardiano », groupe fondé par le Marquis de Baroncelli en 1909 et qui s’est donné pour tâche de faire revivre les traditions chevaleresques de gardians ; il donne des conférences, bref il agit de son mieux en faveur du maintien des traditions ! Il deviendra Poète-Gardian et le restera pour la postérité…















L'exemplaire que je présente aujourd'hui est renommé pour son papier coloré fait tout exprès pour l'édition et pour les dessins et aquarelles de Léo Lellée, bien connu des salles de vente pour sa cote élevée. Il s'agit ici d'un très beau fac-similé numéroté édité en petit nombre par Michel Gay, un spécialiste de Léo Lelée. Les éditions originales ne courent pas la Camargue… Pierre


[LELEE (Léo)] ARBAUD (Joseph d') : Nouve Gardian. Nimes, Reedicioun Serge Popovitch Editeur 1994. In-folio. Etui et cartonnage crème à la Bradel, gardes en couleurs comme l'étui. 15 superbes illustrations dont 14 à pleine page et 1 sur double page de Léo Lelée, coloriées et protégées par des serpentes légendées. Tirage limité à 500 exemplaires, exemplaire n° 003. Superbe exemplaire. Vendu

1 commentaire:

Pierre a dit…

Si vous désirez l'édition originale vous pouvez venir me voir à la SVV de Salon, demain. J'y serai toute la journée. Je viens de finir la présentation sur table. Beaucoup plus de place qu'à mon magasin ;-)) Pierre