samedi 13 mars 2010

Les Oeuvres de Tacite et de Paterculus chez Jean Richer, en 1610.

On peut dire, sans aucune certitude mais c'est toujours agréable de l'affirmer, que Tacite est d'origine Provençale ! Ses œuvres peuvent être classées en 5 parties qui s'échelonnent de 98 à 100 après J.C : De uita Iulii Agricolae (La vie d'Agricola) ; De origine et situ Germanorum (La Germanie) ; Dialogus de oratoribus (Le Dialogue des orateurs) ; Historiae (Histoires) ; Ab excessu diui Augusti (œuvre inachevée correspondant à ce que la tradition a nommé "Les Annales").


La Vie d’Agricola est une biographie écrite en hommage à son beau-père. Cette œuvre a deux motivations : Tacite n'était pas à Rome au moment de la mort de son beau-père et n'a donc pas pu prononcer son éloge funèbre. Il voulait aussi, par contraste avec le régime en exercice, faire l'apologie d'une forme de vertus et de qualités humaines dont Domitien était dépourvu. Il tenait ainsi à montrer une opposition discrète, une sorte de résistance passive.


La Germanie est un ouvrage historique — Trajan fortifiait la frontière du Rhin —, mais dont le caractère est plus nettement ethnographique. C’est une description des différentes tribus vivant au nord du Rhin et du Danube. Tacite s’inspira nettement d’auteurs antérieurs comme Tite-Live ou Pline l’Ancien. L’amour de la liberté des Germains, leur vigueur, leur bravoure est opposée à la corruption sévissant à Rome.


Le Dialogue des orateurs  fut sans doute composé en 80 ou 81, au moment où Tacite était encore entièrement tourné vers l’éloquence. Tacite adresse le Dialogue à Justus Fabius, qui lui a demandé les causes du déclin de l’éloquence. Ce texte n'est malheureusement pas dans cet ouvrage.


Les Histoires  publiées en 106, décrivent l'Empire romain du 1er janvier 69 à l'année 96, c’est-à-dire de l'avènement de Galba à la mort de Domitien. Il n'en reste aujourd'hui que 5 : l'intégralité des 4 premiers livres et les 23 premiers chapitres du livre V.


Les Annales ont été Écrites en 110. Cette œuvre constitue, sans doute, la grande œuvre historique de Tacite. On ne sait si l'auteur acheva son œuvre avant de mourir. Celle-ci devait comporter 18 livres dont le contenu s'étend du début du règne de Tibère à la fin du règne de Néron. Tacite puisa ses sources dans les ouvrages d’autres historiens, dans les registres publics et parfois dans sa propre expérience. À la fois historien et moraliste, Tacite y dépeint avec pessimisme, comme pour les Histoires, les mentalités, les grands événements et les mœurs des hommes de son temps. Ainsi le portrait que trace l'historien des empereurs et de leur entourage est-il impitoyable : Obsession du complot chez Tibère, faiblesse indigne d'un prince chez Claude, monstruosité de Néron. L'entourage - composé d'Agrippine, la mère de Néron, et des affranchis, exécuteurs des basses œuvres - est au diapason. L'assassinat est l'arme favorite du pouvoir. De cette œuvre, Racine tirera le sujet d'une de ses tragédies : Britannicus.


C'est vraisemblablement le désir de reconnaissance envers son ancien général, devenu empereur, qui fit un historien de Paterculus, le deuxième auteur de cette oeuvre. L'Histoire Romaine, en deux livres, embrasse les événements principaux du monde greco-romain depuis la prise de Troie jusqu'au consulat de Marcus Vinicius à qui il dédia son œuvre. Il insiste particulièrement sur les règnes d'Auguste et de Tibère. Il y raconte ses souvenirs de campagne. Son récit n'est pas monotone mais coupé d'anecdotes et de réflexions morales. Il est le seul historien latin à ne pas négliger l'histoire littéraire et à nous faire un tableau des littératures grecques et latines. On peut cependant lui reprocher un manque d'impartialité envers Tibère.A vérifier... Pierre


TACITE & PATERCULUS. Les œuvres de C. Cornelius Tacitus, chevalier romain, illustrées en cette dernière édition de [...] et L'histoire romaine de C. Velleius Paterculus. A Paris, chez Jean Richer, 1610. Un volume In-4. Reliure parchemin de type "hollandaise", restauration dos récente, le reste en excellent état. Frontispice orné d'une gravure pleine page, figurant un autel avec dans le haut un écu dans lequel sont inscrites trois fleurs de lis, le tout sous une couronne ornée d'une fleur de lis, cuivre gravé par Laspar Isac en 1610. [1], [24] pp avec frontispice, 952 pp,  [30ff, table] - (à la suite) 94 pp, [1] p (privilège), [1] f. Une petit trace de vers au milieu de l'ouvrage des pages 441 à 500 dans la marge interne ne touchant pas le texte et une petite trace dans la marge extérieure des pages 920 à 950 ne touchant pas le texte. Intérieur frais. Quelques brunissures et mouillures claires sur 7 dernières pages. Restauration contemporaine du dos. 480 € + port

16 commentaires:

Bertrand a dit…

"In-4 de l'époque"

On me corrige moi-même alors...

Ce n'est pas le format in-4 Pierre qui est d'époque mais bien la reliure hollandaise, non ?

;-))

Voici une fiche qui me donnerait une furieuse envie de toujours avoir un Cornelius Tacitus dans mes toilettes, la lecture m'en parait fort distrayante et conseillée pour tout ce qui concerne les fluxions de ventre.

B.

Anonyme a dit…

Et puis...et puis, les Annales contiennent un fameux passage à propos d'un certain Christ, à ranger à côté de ce que racontent Suétone et Flavius-Josèphe.

Lui aussi eut le dos écorché.

Montag

Pierre a dit…

La mention "in-4 de l'époque" fait référence au format (25cm/19cm) qui prévalait pour le début du 17eme siècle et qui avec la grandeur des feuilles proposées ensuite aux imprimeurs, a donné des in-4 de dimension supérieure.

J'avais dit "irréprochable !"

Un jour, je l'aurai. Un jour, je l'aurai... ;-)) Pierre

Pierre a dit…

Une idée du chapitre où je trouverai le passage mentionnant le Christ dans les annales, Montag ?

Une vilaine tradition voulait qu'on écorche les martyrs avant de les crucifier, de les décapiter puis de les brûler...Je me suis souvent posé la question de savoir le pourquoi de cette haine. Cela ressemble à de la vengeance. Si on est pas d'accord avec quelqu'un on peut le tuer, c'est légitime. Mais pourquoi le faire souffrir ? L'excuse du plaisir qu'en tire l'exécutant ne me convient pas . Pierre

Anonyme a dit…

Annales, XV, 44, cher Pierre.

Montag

Bertrand a dit…

Sainte-Reine aussi est passée par là !

Et je la connais bien puisque entre temps je me suis marié avec... mais c'est une longue histoire Pierre qu'il faudra que je vous raconte autour d'une Hoogarden.

B.

Pierre a dit…

Le nom de " Christ " est mentionné clairement à cette occasion, en effet.

Les Chrestiens étant, d'après le traducteur, aussi le nom que l'on donnait aux juifs... Sans qu'il nous explique pourquoi Tacite nous indique que Neron a fait périr les Chrétiens, les accusant d'avoir provoqué le grand incendie de la ville, en attisant la haine des Romains. Cette haine était donc préexistante.

Pierre a dit…

Le martyre de Sainte Reine n'aurait pas eu lieu si elle n'avait pas été une Sainte Nitouche...

S'il m'avait fallu décapiter toutes les jeunes filles à qui je n'ai pas fait perdre la tête quand j'étais plus jeune, il m'aurait fallu louer une guillotine ;-)) Pierre

Bertrand a dit…

Sainte Nitouche... Sainte Nitouche... (sourire)

B.

jpp a dit…

Quelques précisions concernant les Chrétiens,qui étaient à l'époque assimilés à une secte juive..
La notion de persécution sous Neron est fortement remise en question à la lueur de travaux historiques plus récents car d'une part le martyrolgue est à remettre à la lumière d'une hagiographie chrétienne plus tardive et d'autre part TACITE a écrit ses oeuvres pour une autre dynastie que celle des Julio-Claudiens qu'il était bon à son époque de dénigrer au profit comparatif de la nouvelle installée à la tête de l'Empire. Enfin, et comme à tout âge de l'histoire et dans toute société,un groupe social se démarquant de la "culture" majoritaire par ses moeurs,sa religion, etc, est toujours un excellent bouc émissaire pour détourner la colère populaire vers d'autres coupables que les dirigeants...

Pierre a dit…

Il nous faut remercier Jean Baudoin d'avoir dès le début du 17eme siècle traduit Tacite et Patercule en français.

Je ma demandais à quelle frange de la population était destinée cet ouvrage en Français sachant que la plus grande partie des érudits, donc des lecteurs, comprenait le latin.

A destination d'un lectorat populaire ? C'est peu vraisemblable et d'ailleurs ce lectorat parlait surement un patois différent du français.

A destination d'une noblesse peu cultivée mais magnant le français pour l'usage courant ? C'est plus vraisemblable. Pierre

Anonyme a dit…

Une proposition : quelques uns que la bouille de Tacite rendait rêveurs...




Montag

Anonyme a dit…

Une suggestion :
A destination de eux que la belle bouille de Tacite rendait rêveurs ?

Montag

Anonyme a dit…

Pardon, j'ai pataugé dans mes touches d'où ce psittacisme avec variantes. En gros, vous voyez.

M.

Pierre a dit…

Vous êtes incorrigible, Montag ! Mais quel plaisir de rire de bon matin. Pierre

Anonyme a dit…

Je ne vous perturbe pas plus longtemps, masse laborieuse !

Au boulot !

Montag