mercredi 31 mars 2010

La chanson à Montmartre. Restons chez les chansonniers français !


" Les paroles s'envolent mais les écrits restent " proclamait déjà Aménophis en faisant graver les hiéroglyphes de l'obélisque de Louksor. Trois mille ans plus tard, Gutemberg disait la même chose en parlant des mélodies des troubadours qui faisaient la sérénade en bas de chez lui (les appartements bourgeois présentaient des défauts d'insonorisation, à cette époque). Les nobles, bonnes et spirituelles paroles de nos chansonniers médiévaux s'envolaient aux quatre coins de l'horizon sans qu'il en reste une trace. Sans l'imprimerie, que de chansons se seraient à jamais perdues alors que s'y trouvait sous la forme la plus amusante et parfois la plus vraie, le récit d'événements qui étaient arrivés par le passé ou le portrait impitoyable de ceux dont on parlait !


Béranger, à cet égard, doit sa postérité aux éditions qui ont retracé son œuvre. Bien sûr, on ne demande pas à un pamphlétaire de la bonne foi et un libre-arbitre de pensée. Il était dans l'air du temps d'être républicain et laïque comme si chaque composante était indissociable… Plus tard la chanson est devenue plus réaliste et un peu moins poétique, peut-être, avec son courant réaliste inspiré par les œuvres de Zola. Vous n'avez pas, si vous êtes un peu jeune, connu votre grand-mère fredonner " Les roses blanches " alors que le mange-disque de votre chambre égrenait les premiers airs des " Beatles" mais je vous assure que cela ne s'oublie pas !


Ce bel ouvrage aux illustrations Art-Nouveau, édité en 1900 par L'Écho de Paris, vous offre un lot de chansons de Montmartre, haut lieu de refrains républico-potaches. Ces paroles vous feront redécouvrir ce Paris frondeur qui plait tant aux étrangers de passage. Des airs qui rappellent le bon temps, le mauvais temps et ceux qui en étaient les responsables…


Mont' là-d'sus
Mont' là-d'sus
Mont' là-d'sus
Et tu verras Montmartre
Et sois-bien convaincu
Qu'tu verras sur'ment quèque chos' de plus
[Mont' là-d'sus !]
De là haut
S'il fait beau
Tu verras
De Paris jusqu'à Chartres
Si tu n'las pas vu
T'a qu'à monter là-dessus
Tu verras Montma-a-artre !


Collectif de chansonniers. La Chanson à Montmartre édité pour l'Echo de Paris par la Librairie Internationale, 1900 in 4 (31 x 24 cm), 70 pages approximativement, non paginé Partitions illustrées en couleurs et illustrations in et hors-texte en noir de Edmond Gros, Matet et B. Numa. Reliure cartonnage illustré éditeur. Plats illustrés par Gründ. Ensemble de 11 chansons avec une courte biographie avec portrait en médaillon pour chaque artiste : Chanson des Heures par Privas, Le chapelet de l'Elysée par Numa Blès, Jour d'exposition par Dominique Bonnaud, La cloche d'Ys par Téodore Botrel, Monsieur Loubet au grand Prix par Fursy, Il s'en bat l'il par jean Meudrot, Faute de mieux ou le meilleur Président par Jacques Ferny, Quleques mots sur l'Angleterre par Gaston Sécot, L'affranchissement des femmes par Eugène Lemercier, Quelques mots sur le Transvaal par Jean Varney, Le reliquaire Electoral par Pierre Trimouillat, Les toasts du président par Vincent Hyspa - Cartonnage avec quelques frottements, intérieur très frais, petite réparation visible sur les deux coiffes. 50 € + port

2 commentaires:

Bertrand a dit…

Montmartre est aujourd'hui à Simier ce que la Tour Eiffel est aux japonais... comprenne qui pourra !

Navrant... me suis trompé d'époque... (en même temps mes ancêtres étaient plus des manants que des aristocrates donc... faut-il regretter quoi que ce soit.

Je vais aller consulter de suite le dieu fétiche Hoegaarden que tout un chacun peut consulter ici http://www.hoegaarden.com/AgeCheck/display en diverses langues... pratique non ?

Huysmans aurait dit : A vau-l'eau !

B.

Pierre a dit…

Votre capacité à vous rebeller est absolument remarquable, Bertrand ;-))

Vous n'espériez quand même pas que "Rodolphe et Mimi " arrêteraient le temps qui passe ! Vous ne vous êtes pas trompé d'époque. Le coca qui a remplacé l'absinthe a un effet bénéfique sur l'espérance de vie et on peut déguster un petit beaujolais à la terrasse d'un café à condition d'avoir vendu deux Simiers dans la journée...

A propos, y a t'il une librairie ancienne à Montmartre ? Pierre