vendredi 21 octobre 2011

Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé, par Longus, Amyot, Audran, Debarle et le Régent...


On ne sait pratiquement rien sur Longus. C'est ce qui mentionné dans la préface de l'ouvrage que je vous propose aujourd'hui. On présume qu'il est né à Lesbos et qu'il a vécu à l'époque d'Hadrien. On lui attribue le roman intitulé Daphnis et Chloé, présenté ici sous le titre des "Amours pastorales de Daphnis et Chloé ".


Deux noms d'hellénistes célèbres restent attachés à Longus : Amyot, qui en publie la première traduction française en 1559 ; et Paul-Louis Courier, qui complète et remanie la traduction d'Amyot en lui adjoignant un passage assez long qui avait disparu dans tous les manuscrits connus jusque là, et qu'il restitue à l'aide d'un manuscrit nouveau qu'il découvre en 1809 à Florence. C'est la version d'Amyot que nous proposons aujourd'hui.


Inspiré par une image peinte qu'il prétend avoir découvert au cours d'une partie de chasse sur l'île de Lesbos, Longus relate l'histoire d'amour de deux orphelins livrés à eux-mêmes au sein d'une nature exubérante, recueillis et élevés dans l'innocence par des bergers, exposés au danger, séparés puis à nouveau réunis. Évoluant entre la pastorale et la "robinsonnade", le récit a exercé une influence déterminante sur Bernardin de Saint-Pierre qui développe un thème parallèle dans « Paul et Virginie », quoique sa conclusion soit moins grivoise que cette version plus légère dite "Aux petits pieds" que nous présentons ici… Quelques précisions cependant : Cette gravure, plus connue sous le nom de "la conclusion du roman, ou les quatre pieds" est attribuée au Comte de Caylus. Elle fut gravée pour la première fois en 1728 et éditée dans un exemplaire, en premier tirage, en 1745. Ce qui explique qu'elle ne soit pas signée du Régent...


L'ouvrage que je vous propose a ceci d'intéressant qu'il est à grande marge (pas pour le libraire, Montag, enfin !!) et sur beau papier vélin. On notera néanmoins que la qualité du papier semble avoir baissé, (problèmes de ravitaillement ?) conséquence d'une Révolution qui trouvera cette même année un nouveau souffle avec les campagnes d'Italie.


L'intérêt particulier de l'ouvrage tient aussi dans la beauté des illustrations et dans la qualité d'exécution des gravures dues au sculpteur Benoit Audran. Fils de Germain Audran, graveur à Lyon, né dans cette ville, le 3 novembre 1661, il vint à Paris, à l'âge de dix-sept ans, se mettre sous la direction de Gérard Audran, son oncle. Entre autres ouvrages estimables qu'il a produits, on remarque les Sept Sacrements, du Poussin, Alexandre malade, peint par Lesueur, et le Serpent d'airain, de Lebrun. Louis XIV, juste appréciateur des talents, répandit ses bienfaits sur Benoît Audran, comme il l'avait fait sur toute sa famille. L'académie le reçut au nombre de ses membres, et le nomma l'un de ses conseillers en 1751. Cet artiste mourut à Louzouer, près de Sens, en 1721, dans une terre acquise du produit de ses talents.


Cet exemplaire de Daphnis et Chloé n'est pas fréquent à la vente. La reliure n'est pas maroquinée, n'est pas exempte de défauts, mais elle ne dénotera pas sur vos rayonnages. Cet ouvrage complétera la bibliothèque d'un bibliophile ou d'un collectionneur des éditions de ce best-seller de deux milles ans… Au fait, combien d'éditions françaises de cette nouvelle ont pu être éditées depuis Gutenberg ? Pierre


LONGUS. Les Amours pastorales de Daphnis et Chloé, écrites en grec par Longus et translatées en françois par Jacques Amyot. Édition enrichie de planches originales dessinées et gravées par Philippe d'Orléans, Régent de France. Paris, Debarle, 1796. Format petit in -4. Reliure pleine basane marbrée, pièce de titre en maroquin cerise. Dos lisse orné de dentelles et filets. [1f blanc], [3 ff. n ch], 150 pp, [2ff n ch], [1f blanc]. Exemplaire sur grand vélin de cette réimpression de l'édition de 1718, dite "du Régent", illustrée d'un frontispice, de 28 figures hors texte et de la figure dite "aux petits pieds" de Philippe d'Orléans. Illustrations gravées par Benoit Audran. Défauts de reliure aux mors et aux coins. Petite restauration amateur sur le mors du 1er plat. Traces de mouillure claire sur le premier feuillet et très claire sur les deux derniers. 240 € + port

9 commentaires:

Textor a dit…

Vous voyez bien, Pierre, qu'en faisant un petit effort, vous arrivez à identifier des exemplaires grands de marges !! :)
Pourriez vous nous préciser si M1 + M2 > ou = 1/2 T est simultanément égal à m1 + m2 > ou = 1/2 t ? ….

calamar a dit…

bel ouvrage, bien représentatif de "l'art du livre" de ce moment, je crois. Bertrand trouvera que c'est un peu froid...

Nadia a dit…

Pas mal ces grandes marges, pour écrire dedans....



(ouh là là....)

Pierre a dit…

La gravure aux petits pieds représente pour moi l'idéal de l'élégance du style et de "l'Esprit" à la française.

De savoir que j'ai cette gravure sur mon exemplaire alors qu'elle n'est signée ni par l'auteur, ni par le graveur (vous l'avez noté, je pense) me donne l'impression d'être un lecteur privilégié . Pierre

Pierre a dit…

Textor,

Sachant que (x-y)n=\(x+(-y)n ={k=0}n {n k} x{n-k} (-y)k, il n'est pas bien difficile de conclure que (x+y) n+1} = x{n+1}+x\ {k=1}n {n \k} x{n-k} yk +y\{k = {n-1} {n k} x{n-k} yk + y{n+1}

Mon exemplaire est donc un exemplaire à grandes marges mais pas trop ;-)) Pierre

Pierre a dit…

J'ai une amie, professeur (sseuse) de français qui écrit dans les marges de tous ses livres ! Je l'ai prévenue : Jamais, je ne lui rachèterai sa bibliothèque !!!

Et je ferais de même avec la votre, Nadia, si vous déménagiez ;-)) Pierre

Pierre a dit…

J'avais oublié de mentionner que la gravure des "quatre pieds" était attribuée au Comte de Caylus. Voilà qui rectifié dans l'article. Pierre

Bertrand a dit…

Et Textor qui se moque du peu de science que j'ai... (sourire).

B.

Textor a dit…

Non, Bertrand, je ne me moque pas ; d'ailleurs, j'ai appliqué la méthode : çà marche !!