mercredi 14 novembre 2012

Les Mémoires de guerre du général de Gaulle : Un devoir de mémoire...


Le vieil homme est amer : C'est à peine si l'on a évoqué, aux actualités, son décès le 8 novembre, il y a 42 ans… Charles de Gaulle est pourtant de ceux qui ont marqué [avec Philippe Pétain] le XXeme siècle. Tout le monde connaît le militaire et l'homme politique. Je vous propose aujourd'hui à la vente l'ouvrage qui nous l'a fait découvrir comme écrivain : ses Mémoires de guerre.

Je dois reconnaître que je me suis souvent posé la question de savoir si, à l'époque, j'aurais fait partie des visionnaires qui l'auraient suivi en Angleterre, des résistants de la première heure, des simples sympathisants, des résistants de la dernière heure ou si comme beaucoup de français et faute d'opportunités et d'informations claires, j'aurais fait partie des pétainistes, des légitimistes ou des collaborateurs. Peut-être aurais-je simplement pensé à sauver ma peau et à nourrir ma famille ? La période est à la culpabilisation et au repentir. Cela n'a pas dû être facile d'être allemand après 1945… Soyons plus légers : j'en profite pour vous rappeler à travers quelques unes de ses réparties que De Gaulle savait aussi se mettre dans le camp des rieurs !

Questions : " Certains craignent que si vous revenez au pouvoir, vous attentiez aux Libertés Publiques." Réponse : " L'ai-je jamais fait ? Au contraire, je les ai rétablies quand elles avaient disparu ", et sur un ton ironique : " Croit-on qu'à 67 ans, je vais commencer une carrière de dictateur ? ". Le 13 Mai 1962, dans une autre Conférence : " Ce qui arrivera quand de Gaulle aura disparu ?..... A mon avis après l'événement dont je parle, ce ne sera pas le vide politique, mais plutôt le trop plein". Le 4 Février 1965 : " ...Je ne vais pas mal, mais rassurez-vous, un jour, je ne manquerai pas de mourir."


Lors d'une réception officielle de Brigitte Bardot, le Général confesse à son impresario : " Ah ! Quel joli petit dragon...". En 1945 à Marseille, le Général reçoit les F.F.I. locaux. Colonels, Commandants, Capitaines, forment une longue haie. Soudain le Général tombe sur un Sergent-Chef : " Tiens ! Vous ne savez pas coudre ? ". Et pour finir ce jugement qui prouve qu'il ne se prenait pas toujours au sérieux : " L'administration, c'est mesquin, petit, tracassier. Le gouvernement, c'est pénible, difficile, délicat. La guerre, voyez-vous, c'est horrible, mais la paix, la paix, il faut bien le dire, la paix, c'est assommant... "


Le style du Général peut heurter parce qu'il est celui « d'un grand esprit altier et solitaire ». Certains pourront même penser qu'il a le style tendu, raide. Disons qu'il est soutenu et que c'est un parti pris artistique. Pourquoi ce style soutenu, tendu ? Cela tient à la nature même de l'œuvre, car de quoi s'agit-il dans ses Mémoires ? Essentiellement de la France et bien sûr de Charles de Gaulle. Or, de la France, quand on est Charles de Gaulle, on ne peut pas en parler comme d'une fille facile, on en parle en des termes élevés ! 


Charles de Gaulle n'est peut-être pas le premier des grands écrivains français, du moins est-il un grand écrivain de la France ! Et pour répondre à la question " De Gaulle sera-t-il, un jour un sujet de bibliophilie ? ", je dirais qu'en fait, De Gaulle n'est pas un sujet…Pierre


DE GAULLE (Charles). Mémoires de guerre. 3 volumes in-8 brochés avec leur jaquette en bel état. Paris chez Plon. L'appel 1940-1942. 680 pages avec cartes, 1954. L'unité 1942-1944. 712 pages avec cartes, 1956. Le salut 1944-1946. 653 pages avec cartes, 1959. Très bon état. 36 € + port

2 commentaires:

Le Bibliophile Rhemus a dit…

Elégante et très juste analyse !
42 ans !...j'étais encore à la Fac..Si "la vieillesse est un naufrage", le temps est L'ennemi !
Encore tous mes compliments.

Pierre a dit…

Merci Jean-Paul ! J'ai beaucoup d'admiration pour ce grand commis de l'état qui a fait passer ses choix politiques avant ses choix personnels, et sans excès dans ses rancunes, ni dans son pardon. C’est d'ailleurs ce qui le différencie d'un simple militaire, à mon avis. Pierre