samedi 10 juillet 2010

Histoire de la Magistrature Française par Marcel Rousselet, premier président de la Cour d'Appel de Paris.


La raison d'état doit-elle primer sur l'idéal de justice ? C'est le type même de la question qui fâche (d'actualité, me direz-vous), qui revient depuis des siècles et qui a émaillé les rapports du pouvoir et de la magistrature jusqu'à nos jours. Le plaisir malsain qu'ont les médias, aujourd'hui, à remuer la fange pour asseoir leur nouveau "pouvoir sur le pouvoir" me chagrine néanmoins. Discréditer nos institutions sur le lit de la rumeur est un jeu dangereux… Mais il est aussi vrai que le pouvoir ne peut s'émanciper des règles qu'il préconise pour ses administrés. La justice est un droit et un devoir au même titre que le respect pour nos élus.


Petit retour en arrière : Jeune, j'ai été un post-soixante-huitard-ecologico-auto-gestionnaire de gauche à tendance légitimiste. Avant que la gauche n'arrive au pouvoir en 1981, le monde était scindé, pour moi, en deux (je schématise bien sûr !) D'un côté, "les méchants" dans lesquels j'entassais pèle-mêle les banquiers, la droite, les militaires et les patrons / De l'autre côté, "les gentils" avec les ouvriers, la gauche, les syndicats et les étudiants…


J'ai vite compris avec les affaires "Carrefour du développement", " Hernu", "Sang contaminé par l'argent", " Dumas", "Mnef ", et j'en oublie… que les choses n'étaient pas si simples. De plus, j'ai fait mon service militaire à St Cyr Coetquidan où j'ai constaté, médusé, que la proportion de gens sympathiques et ouverts dans l'armée de métier était la même que partout ailleurs (idem pour les imbéciles, mais pas plus). J'ai connu ensuite des syndicalistes affairistes et malhonnêtes. Le monde s'écroulait…


J'ai, depuis, révisé mes jugements sur notre monde qui n'est pas pire qu'un autre et mon activité d'expert judiciaire m'a fait découvrir les arcanes de la magistrature. Je n'ai pas encore tout compris de cette institution mais je peux assurer que rendre la justice n'est pas de tout repos... Cet ouvrage synthétique sur l'histoire de la magistrature que je propose à la vente, cette référence que se doit de posséder tout homme de l'art répondra aux questions que vous vous posez peut-être et qui ont sûrement bercées votre idéal de justice ! Pierre

ROUSSELET (M) - Histoire de la magistrature française des origines à nos jours. Paris, Librairie Plon, 1957, in-4, 448-437 pp. Reliure skivertex bordeaux de l'éditeur. Plats encadrés de trois filets au monogramme de la justice frappé en doré. Contreplat et feuille de garde en joli papier coloré assorti. Dos à 4 nerfs avec pièce de titre et motifs dorés. Chaque tome est présenté sous boîtage éditeur dans des tons analogues à la reliure. L'illustration de ce livre comprend 104 gravures in-texte, 128 documents hors-texte et 8 photographies en couleur. Bel ensemble dans un état proche du neuf. Ouvrage de référence dans une présentation flatteuse. 140 € + port

6 commentaires:

Bertrand a dit…

Un bon billet bien engagé, comme j'aime.

Mais j'ai une solution pour vous Pierre, si vos idéaux gauchistes ont été mis à mal par les affaires qui finalement touchent tout le monde (et je suis bien d'accord), si vous avez eu la tentation de franchir de rubicon en ayant finalement de l'affection pour les banquiers, les notaires, les avocats, les assureurs, les juges, le monde capitaliste, mais que pour autant vous n'y trouvez pas votre compte, une seule solution s'offre à vous : Pierre Kropotkine le lundi, matin, midi et soir. Michel Bakounine le mardi et le mercredi, en perfusion. Elisée Reclus le jeudi, matin et soir, après les repas. Jean Grave le vendredi. Et enfin, le weekend c'est détente avec une écoute attentive de Léo Ferré.

Je vous rappelle quelques éléments propre à mieux comprendre le traitement de fond que je vous propose : Le rejet des contraintes qui entravent l'individu, dans ses désirs ou ses besoins, aboutit à une remise en cause des institutions qui ont été créées, selon les anarchistes, afin de perpétuer ces contraintes. L'État, le Capital, l'Armée et l'Église font parties de ces institutions que les anarchistes essaient de combattre (voire d'abattre). Ce combat contre l'autorité prend souvent la forme d'une action directe (un exemple en est le Do it yourself du mouvement punk), étrangère aux formes traditionnelles de la lutte politique. En fait, les systèmes politiques contemporains étant très souvent dotés d'un pouvoir centralisé, le passage à l'anarchisme implique un changement radical. C'est pourquoi les anarchistes proposent l'abolition de ce système par différents moyens : désobéissance civile, grève, résistance passive ou résistance active, hacktivisme, obstructionnisme boycott, etc. Certains anarchistes considèrent qu'il faut préparer l'avènement d'une révolution sociale radicale (le recours aux armes pouvant être aussi parfois nécessaire pour se défendre contre un système oppressif, qui lui n'acceptera pas le droit aux individus de s'organiser afin de déterminer par eux-mêmes leurs libertés), afin de laisser les sociétés s'organiser sans maîtres et selon leurs besoins et désirs ; d'autres estiment qu'une révolution non violente est possible, avec une extinction progressive des pouvoirs.

Bonne cure !
Bertrand

Pierre a dit…

La cure semble plus dangereuse que la maladie ;-))

Si j'ai perdu quelques illusions avec le temps, si j'ai adhéré à d'autres valeurs et si j'ai fait, plus d'une fois, preuve d'une grande naïveté feinte, je n'en ai pas moins gardé une grande lucidité et une farouche envie de garder mon libre-arbitre !

Votre paradis iconoclaste m'effraie et je ne le souhaite pas à mes enfants (le souhaitez-vous pour les vôtres ?). Je ne doute pas, par ailleurs, qu'ils puissent trouver une solution aux problèmes planétaires que nous allons leur laisser : Le devoir de justice en est un.

Ils trouveront peut-être dans les livres anciens quelques solutions aux problèmes que nous allons leur laisser et j'admets qu'il faut avoir lu Kropotkine pour en parler même si c'est pour s'en défier. Nos enfants seront, je pense, fiers de nous si nous pouvons leur montrer que nous avons été des constructeurs plutôt que des destructeurs...

Vous reprendrez bien une bière ? Pierre

Bertrand a dit…

C'est beau Pierre, c'est beau, je vous assure.
Je vais y réfléchir.

Croyez-vous vraiment que j'adhère à tout ce que j'écris et même à tout ce que je pense au moment où je le pense ??

Mon plaisir à moi dans la vie, c'est d'être celui qu'on ne reconnait pas parce qu'il n'est jamais identique à lui-même.

Demain promis je vous fais l'éloge d'Adam Smith ! ou Robert Smith pour ceux qui préfèrent.

A force de ne rien prendre au sérieux je vais finir par être sérieusement fini...

B.

Bertrand a dit…

J'oubliais, je suis aussi apte à vous faire l'éloge d'Hannibal Smith.

Comme quoi, à chacun son Smith !

L'inspecteur Harry avait bien le sien !

B.

Pierre a dit…

Adam Smith... Oui !
Une "Cure" de Robert Smith... Moyen !
Hannibal Smith... Non !
Smith and Wesson... Deux compères absolument géniaux de "L'aventure c'est l'aventure " !

Votre bibliomanie, Bertrand, n'est que le reflet de votre personnage multi-facette. Vous n'êtes pas bibliomane... Chaque personnage qui vous anime a son propre thème d'intérêt livresque !

Je sens que ça va bouillonner sous le couvercle en prenant le café ! Bonne matinée. Pierre

Textor a dit…

« La raison d'état doit-elle primer sur l'idéal de justice ? » On dirait un sujet du bac de philo, ou de la conférence du stage. Moi aussi j’ai eu une période post-soixantehuitarde, à l’époque où il fallait improviser à la conférence Berryer sur le thème : « Y a-t-il encore des pavés sous les plages ? » …
Réfléchissez-y pendant que vous êtes dessus (la plage …)