vendredi 23 septembre 2011

Album Mondadori 1907/2007


A l'heure où les bourses s'effondrent, j'ai pensé qu'un bel ouvrage retraçant la success-story d'une entreprise d'édition européenne serait à même de redonner de la vigueur aux membres qui y sont attachées…


Lorsqu'un visiteur entre par la tour sud du siège de Mondadori à Segrate, il se trouve immédiatement face à une presse à bras, achetée par Arnoldo Mondadori en 1926 pour l'impression sur papier des œuvres de Gabriele d'Annunzio.


Cette presse est un symbole des racines du premier groupe d'édition italien, dont l'histoire, comme pour toutes les grandes entreprises industrielles, est étroitement liée à la vie d'un homme. En l'occurrence « l’apprenti typographe » Arnoldo Mondadori qui, encore très jeune, en 1907, fit ses premiers pas d'éditeur dans un village de la campagne lombarde, Ostiglia.


Depuis la première collection, La Lampada, créée par Arnoldo Mondadori pour diffuser l’amour de la lecture parmi les jeunes de l’Italie rurale du début du siècle, à travers les Classici italiani, les Classici contemporanei italiani, Medusa, Lo Specchio, chefs-d’œuvre de la culture du 20e siècle, jusqu'aux heureuses intuitions de lancer peu à peu les grands périodiques d’information illustrés, le premier club du livre italien, le premier magazine d’actualités, les premiers livres de poche à bas prix, Mondadori a suivi la vocation de maison d’édition de “tous” les Italiens, en repoussant jour après jour les frontières de la lecture


Le groupe Mondadori est aujourd'hui détenu à 50,24% par Fininvest, une holding de Silvio Berlusconi et présidé par Marina Berlusconi (fille de Silvio). En 2006, il a acheté la filiale française (Emap France) du groupe de presse britannique Emap [Modes et Travaux. Auto Plus. l'Auto Journal. l'Ami des Jardins. Vivre au Jardin. Sport Auto - FR. Science & Vie. Biba. Closer…].


Je vous propose aujourd'hui un fort in-4 à l'italienne (on ne peut pas faire moins) qui retrace l'histoire de cette maison au cours des 100 années qui ont suivi sa création. Cet ouvrage est imposant, je vous le concède, mais il permet au lecteur curieux de découvrir, à côté des grandes maisons d'édition françaises, l'histoire de la plus renommée des Italiennes. Une question me turlupine cependant. Pourquoi les Italiens ont-ils inventé et développé à la commercialisation un format de livre qui ne rentre pas dans nos étagères ? Pierre


MONDODARI Album 1907/2007. Cartonnage éditeur, format in-4 à l'italienne, 840pp. Nombreuses illustrations. Imposant document de travail. Bel état. Édition en français. 115 € + port

6 commentaires:

Textor a dit…

Forza Mondadori !
Je rattrape tant bien que mal une semaine de déblogolisation forcée. Désolé pour tous ces messages !
T

Pierre a dit…

C'est toujours avec plaisir que l'on vous retrouve, Textor !

Cette saga d'une maison d'édition italienne me rappelle l'histoire de L'illustration. Au fait ! Sait-on exactement pourquoi ce grand groupe s'est effondré comme les tours jumelles ? Pierre

pascalmarty a dit…

Je ne suis encore jamais tombé sur l'explication des noms de formats à la française ou à l'italienne. Y a-t-il des plus savants dans l'assemblée ? J'ai un bouquin sur Venise à ce format. C'est vrai qu'il a un peu le cul qui dépasse des étagères, mais qu'est-ce que les photos plein pot sont belles !
Pour ce qui est de l'Illustration, il me semble qu'ils avaient été mouillés jusqu'au cou pour faits de collaboration pendant WW II, et que leurs tentatives pour relancer un France illustration après-guerre (j'en ai un numéro de 53 qui contient la fameuse pub Garap) a fait un flop.

Textor a dit…

Format à l'italienne : L’utilisation de cette expression semble essentiellement française. Le terme anglais est landscape (= paysage). Ce dernier terme est celui que l’on retrouve aujourd’hui sur les logiciels d’impression qui proposent le format portrait ou le format paysage. L’expression même de paysage indique bien le contenu fréquent des albums au format à l’italienne qui contiennent souvent des illustrations ou des paysages qui s’adaptent mieux à une représentation plus horizontale.
En résumé, l’adoption de l’expression format à l’italienne paraît dater seulement du XXe siècle, vraisemblablement après 1945. On utilise auparavant le terme oblong. En revanche, l’origine précise de l’expression est difficile à déterminer. S’est-elle inspirée des albums de voyage italiens assez fréquents à cette période ? Ou des albums de bandes dessinées (les fumetti) de petit format publiés après 1945 en Italie au format a strisce (= en bande) qui ont été imités en France ?
Réponse du Fond ancien de la BML.

pascalmarty a dit…

Merci Textor. Oblong, je connaissais : c'est le terme qu'on retrouve dans tous les vieux traités de typo. Mais c'est quand même très étonnant qu'on ne parvienne pas à déterminer l'origine d'un terme qui semble donc très récent. Est-ce la vieillerie qui arrive ? J'ai l'impression que toute chose vieille de plus de vingt ans est intégrée par les gens plus jeunes que moi dans une espèce de passé indistinct qui englobe indifféremment tout, des dinosaures au Petit Nicolas (version Sempé et Goscinny) et dont ils se désintéressent absolument. C'est un peu effrayant. Je me dis parfois que si Hitler se repointait, ils ne reconnaîtraient même pas sa moustache.

Pierre a dit…

Dernièrement, je recherchais pour un client un livre ancien, épuisé. Jusqu'au moment où je lui ai dit qu'il s'agissait d'un roman moderne, édité en 1971... Jusqu'au moment où j'ai réalisé que c'était il y a 40 ans, quand même !

C'est effrayant de constater que le temps passe vite pour les gens âgés et qu'il semble déjà lointain pour les jeunes gens... Pierre