lundi 22 août 2011

Causerie du lundi de Philippe Gandillet. L'épouse du libraire…


Il y a les hôtesses de l'air qui vous accueillent lors de votre embarquement dans un avion… De même, il y a les hôtesses du soleil qui vous guident quand vous arrivez à Tarascon.

Je dis cela car l'épouse de Pierre travaille à l'office de Tourisme et j'ai découvert en entrant à la boutique, ce matin, une photo d'elle que notre libraire avait oublié sur sa table de travail. C'était les fêtes médiévales de Tarascon en cette fin de semaine et elle était fort joliment costumée. Je la connais peu, en fait. J'ai dû la voir trois ou quatre fois en coup de vent car elle passe rarement quand je suis là. Laissez-moi vous donner mon impression sur elle…

B***, sur les limites de la cinquantaine, n'en a pas moins la prétention de plaire comme à vingt-cinq ans. Son crédit attire sur ses pas la foule des touristes et supplée, en quelque sorte, aux grâces de la jeunesse. A un esprit très fin, un caractère trempé et fier en toutes circonstances, un ton très accueillant, une dissimulation à peine visible ; à tout ce qui peut captiver et séduire, elle joint une ardeur au travail cent fois plus vive que ses collègues.

B*** a toujours été belle mais à vingt ans, quand Pierre l'a croisée, son manque ostentatoire de coquetterie, cette fleur de jeunesse qui souvent sert de passeport à l'amour, avait éloigné d'elle un essaim d'adorateurs insensibles à son charme judicieusement dissimulé.

Loin de se laisser disperser dans un mariage arrangé par une famille toute acquise à l'aisance matérielle de son vétérinaire de mari, B*** jura de n'être pas malheureuse. De l'union avec Pierre naquirent quatre beaux enfants, deux fils et deux filles, aujourd'hui encore attachés à la fortune de leur illustre père.

B*** a Paris pour origine. Cela doit être pour cela qu'elle court sans relâche, qu'elle ne respecte, que contrainte et forcée, les limitations de vitesse automobiles et qu'elle est capable de tourner pendant plusieurs minutes pour se garer au plus près de son lieu de rendez-vous sans jamais envisager, un instant, de se garer plus loin. Ce n'est pas le moindre de ses défauts mais je crois savoir que ce n'est pas celui qui irrite le moins son époux. A cela, une capacité à enfreindre l'ordre en provoquant le désordre dans tous les endroits qui lui sont alloués et vous comprendrez que vivre avec B*** nécessite de savoir doser l'énergie ambiante.

B*** justifie l'opinion que l'on a conçue de la femme française : Elle est tout feu et tout amour. Fille d'un commerçant aisé de la capitale, la fortune de son mari lui permettait de satisfaire ses goûts, sans jamais aller jusqu'à être dépensière pour elle, tout en étant généreuse pour ses proches. La reconversion hasardeuse de son époux et l'indépendance, sinon financière mais du moins géographique, de ses enfants l'ont incitée à reprendre une activité où elle excelle : Le conseil et l'accueil des touristes en cette bonne ville de Tarascon.

Sa taille avantageuse, son joli sourire, ses bras charmants et sa démarche élégante ont été, dès son arrivée à l'office de tourisme, comme un tremplin pour la ville qui depuis ne désemplit pas. On voit maintenant des vacanciers s'arrêter à Tarascon uniquement pour elle. On voit des visiteurs se précipiter dans les agences immobilières après une présentation de la ville faite par ses soins. On dit même que le chemin de Compostelle aurait été détourné par Tarascon pour que les pèlerins puissent la rencontrer…

Sur ce cliché que Pierre a dû laisser à dessein, on voir B*** dans une très belle parure. On pourrait croire en la voyant que le temps ne laissera jamais de traces sur elle. J'ose le croire. Mais ce que le temps ne saura jamais lui ravir, c'est son excellent cœur et son zèle à rendre les gens heureux.

Que l'on me pardonne ce portrait qui doit être incomplet, approximatif et peut-être bien, erroné ! Je n'ai fait qu'imiter les peintres : J'ai esquissé quelques traits à partir d'une photographie…

Votre dévoué. Philippe Gandillet.

18 commentaires:

calamar a dit…

la mode à Tarascon est charmante.

Nadia a dit…

Ah bien voilà un beau portrait, que j'aimerais que dame B**** lise tout à son aise, pour mieux en cerner l'adoration, l'estime et l'admiration qui émanent de son auteur. Je n'ai aucun doute quant à ses capacités à séduire les visiteurs, fût-elle déguisée ou pas !

Transmettez lui, une fois de plus, mes amitiés.

Anonyme a dit…

On m'écrit pour m'affirmer que Pierre n'aimerait que les grandes blondes pulpeuses. Je suis circonspect... Ph Gandillet

Nadia a dit…

ps : rappelez moi donc son signe zodiacal ? je pense qu'il doit être exceptionnel.... ;-))

Pierre a dit…

La date de naissance ferait-elle quelque chose à l'affaire ? L'année oui... Pierre ;-))

Anonyme a dit…

Va-t-elle être ravie d'apprendre que seule la coquetterie de sa cinquantaine lui ralliera tous les prétendants que son absence fit fuir à vingt ans lorsqu'elle se rabattit en désespoir de cause sur un Pierre bienveillant ?
On n'en croit pas un mot. Pierre use là d'un astéisme, qui de plus minimise la férocité du combat qu'il mena contre ses nombreux rivaux et dont il sortit victorieux.
Je note qu'il n'y a rien à vendre, même pas le costume.
Jean-Michel

Pierre a dit…

Par moments (fugaces, il faut l'avouer), il m'arrive de penser à céder mon épouse pour une somme, disons raisonnable...

Cela me rappelle l'histoire véridique de ce brave homme dont la femme s'était enfuie avec le facteur. Ensuite, tous les matins de sa vie, quand le facteur sonnait à sa porte pour lui donner le courrier, il appréhendait avec une légitime angoisse que le facteur ne la lui ramène ;-)) Pierre

Anonyme a dit…

Mon cher PIerre il me semble que vous aggravez sérieusement votre cas avec cette histoire de facteur ! On attend avec impatience les réactions de Madame. Bien cordialement. Patrick C

Françoise L-S a dit…

Mon cher Pierre,
Sans vouloir vous contrarier outre mesure, il me semble que vous vous êtes engagé sur un terrain ... quelque peu... glissant ! ...
J'ose espérer que vous n'avez pas oublié votre piolet et vos crampons ! ...;-)
Bien à vous.

Nadia a dit…

Ah ! je note qu'une dame intervient. Merci à Françoise pour sa participation à l'enterrement virtuel de Pierre sous des monceaux d'opprobe populaire.

Et donc, que fait l'intéressée ? un petit commentaire sous forme anonyme serait le bienvenu. Avec la répartie et le franc-parler que je sais être les siens, nul doute que ça pimenterait l'espace bloggesque.

Françoise L-S a dit…

Chère Nadia,

Votre commentaire n'est pas pour me déplaire ! ...

Et tant pis pour notre ami Pierre ! ... d'ailleurs, "qui aime bien, châtie bien" dit-on !...;-) , ce soir la solidarité féminine est de rigueur !!! ....

Il a d'ailleurs " prêté le bâton pour se faire battre" !....-)

à suivre!...

Solidairement votre ! ;-) ;-))

Pierre a dit…

Message à Françoise et Nadia : Je crois qu'il est préférable que personne ne prévienne B*** qui ne lit jamais ce blog. Elle a d'autres préoccupations et tomberait peut-être sous le charme des mots de Ph Gandillet qu'elle ne connait pas .

Quand à Pierre, elle le connait déjà ;-))

Vous avez néanmoins raison de dire que le terrain est miné... Pierre

bertrand.bibliomane@gmail.com a dit…

Moi, tout ce que je peux dire, c'est que Madame B. est encore bien plus jolie en vrai... :-))

PS : rendre un libraire confrère jaloux permet-il d'avoir des prix dans sa librairie ? (la question est posée)

Amitiés,
Bertrand (qui est confus de n'avoir pu passer voir son libraire fétiche de Tarascon et son espousée...)

Pierre a dit…

Vous êtes pardonné, Bertrand. Les agendas de vacances sont toujours surchargés, je le sais. Ne rien faire peut prendre beaucoup plus de temps que l'on ne pense ;-)) Pierre

Anonyme a dit…

Que voilà un échange instructif que je prends en cours. J'ai juste noté que cette gente dame ne lit jamais le blog de son mari. C'est une qualité de plus qu'il n'est pas étonnant de voir chez les dames dont le visage traduit la beauté d'âme, dépourvue de naïveté.
Bien à vous,
Sandrine.

Nadia a dit…

Ca pourrait faire l'objet d'échanges ça aussi : en quoi est-ce souhaitable, ou pas, que nos conjoints lisent nos blogs ou aillent sur nos espaces internet ?

Ca me semble procéder de la même démarche que s'intéresser à ce que fait l'autre, le plaisir qu'il y trouve, et ce qu'il peut en retirer.

Ou alors doit-on considérer que c'est comme un jardin secret ?

Françoise L-S a dit…

Chères amies, chers amis,
Terrain miné... m'a-t-il semblé lire un peu plus haut !....
Votre questionnement, Chère Nadia, est fort intéressant mais je ne m'y hasarderai cependant pas!.... ;-)
Entre "Jardin secret" et ... "Pièce du fond"..., il y aurait beaucoup à dire!.....et il n'y a qu'un pas pour "basculer" sur un sujet que je qualifierais de passionnant mais également de "brûlant"!... ;-)
Très sérieusement, je préfèrerais vous proposer, pour ma part à tout le moins, et pour ceux qui seraient intéressés par ledit sujet, de lire certains ouvrages spécialisés remarquables qui traitent de ce thème, en profondeur ...

Terrain miné, terre minée, terminé.... Je vous propose une "petite pirouette" qui permettrait de clore cette honorable conversation.....;-)

Belle soirée à vous tous. ;-)

Pierre a dit…

Nadia a raison de s'interroger sur le fait de savoir si FB ou tout autre site personnel (photo, texte, blog) doit être partagé ou non par son conjoint. Il est évident que pour les célibataires, c'est plus facile à gérer ;-))

D'un côté, je crois légitime d'être fier de voir son compagnon ou sa compagne s'intéresser à ce que l'on fait. C'est quelquefois valorisant de savoir que les gens vous trouvent du talent dans un domaine.

D'un autre côté, ces serveurs peuvent permettre à l'internaute d'exposer à d'autres personnes une facette différente de sa personnalité, par jeu ou par désinhibition. Là, cela devient "jardin secret".

Le résultat n'est jamais parfait… Pierre