mardi 10 novembre 2015

Élémens de l'Histoire d'Angleterre par l'abbé Millot. A piece of cake...


Avouons-le, il n'est pas facile de déterminer ce qu'est l'histoire de l'Angleterre. L'Abbé Millot s'y est essayé  au 18eme siècle. C'est son étude que je propose aujourd'hui à la vente. Être Anglais, est-ce une ethnie? (je ne parle pas de race, bien évidemment). Une appartenance territoriale ? Une culture ? Une nationalité ? Difficile d'y répondre, ce qui explique peut-être pourquoi la question ne cesse d'être posée par des personnes inquiètes pour l' "identité nationale" du peuple d'Angleterre, si tant est que cela existe.....


Les Gallois savent ce qu'ils sont, les Écossais aussi. Les Irlandais du nord savent ce qu'ils ne sont pas. Mais les Anglais ?  La question de l'identité nationale des anglais n'est pas prête d'être résolue ! Il n'y a qu'à rappeler que le dernier monarque présenté par l'abbé Millot, Georges 1er dont le règne se termine avec celui de Louis XIV en France, était impopulaire en Grande-Bretagne en raison de sa supposé incapacité à parler anglais… D'ailleurs, à la différence de nombreux autres pays, l'Angleterre n'a pas de journée nationale.
    

Mais est-il possible de dire, pour autant, que le mot "anglais" définit une simplement une ethnicité ? Pas sûr ! A la fin de la période glacière, il y a plus de 10 000 ans, les îles britanniques - encore rattachées à l'Europe continentale - ont été peuplées par des nomades venus d'Anatolie et du nord de l'Espagne. Ces peuples dits celtiques occupaient le territoire de la Grande Bretagne jusqu'à l'invasion romaine ; les Romains les appelaient collectivement les Britanni. Pendant la période Romaine, de l'an 49 jusqu'au cinquième siècle, les Romains se sont imposés sur le territoire nommé aujourd'hui Angleterre, sans pouvoir vaincre les derniers Britanni réfugiés à l'ouest et au nord, régions qui ont conservé une identité celtique (cf : Kamelott). Au cours de ces quatre siècles, les Romains se sont intégrés à la société, pour devenir en Angleterre les Romano-britanniques, comme les Gallo-romains en France. Mais il est à noter qu'on dit Romano-britannique, alors qu'en Gaule on parle de gallo-romains, le mot gallo définissant le mot romain.


La différence n'est pas anodine. Alors qu'en Gaule la culture romaine et la langue latine se sont imposées au point de conditionner l'avenir du pays et la langue française, en Angleterre, quand les Romains sont partis, le pays est revenu largement à ses racines celtes, malgré la romanisation ethnique partielle de son peuple. Après les Romains, ce furent les Vikings puis les Anglo-Saxons, venus de Scandinavie et du nord de l'Allemagne, qui ont envahi le pays, occupant une grande partie des zones côtières et la partie romanisée du pays. Les Anglo-Saxons se sont imposés sur les Romano-britanniques au point de donner au pays un nouveau nom, l'Angleterre, ou pays des Angles...


La dernière conquête de l'Angleterre remonte à 1066, quand les Normands sont venus de France. Au fil des siècles, la noblesse normande, comme une partie importante de la société, a migré en Angleterre, amenant avec elle sa langue - le français normand - et sa culture. Ainsi, dès le 11 eme siècle, la société anglaise est formée d'une aristocratie anglo-normande, d'un peuple d'origine anglo-saxonne, et sur ses franges des peuples d'origine britannique. C'est la base essentielle du peuple anglais de nos jours.


L'histoire n'en est pas pour autant terminée. Depuis le Moyen-âge, le peuple anglais a continué d'être enrichi par l'arrivé de nouveaux immigrés, souvent fuyant la persécution dans d'autres parties d'Europe. L'arrivé massive d'Huguenots (protestants français), par exemple, au 17° siècle a rajouté 1% à la population anglaise... L'abbé Millot ne sut pas, cependant, qu'ensuite et jusqu'à aujourd'hui, la société anglaise deviendrait à ce point "multiculturelle". L'accueil des migrants venant de Calais en étant un nouvel exemple… Pierre


MILLOT (Abbé). Élémens de l'Histoire d'Angleterre depuis la conquête des Romains, jusqu'au règne de Georges II. Par l'Abbé Millot, des Académies de Lyon de Nancy. Nouvelle édition. En Suisse Chez Les libraires Associés, 1779. Trois volumes in-12. Reliure plein veau jaspé, dos à nerfs, filets, caissons fleuronnés, titre et tomaison en lettres dorées, gardes colorées, tranches jaspées. Défauts de reliure, usures aux coins, petites restaurations discrètes, intérieur frais. 110 € + port

lundi 9 novembre 2015

La première boutique physique de Amazon...



Un petit entrefilet dans le Monde nous apprend que Amazon, champion de la vente en ligne de livres a ouvert, mardi 3 novembre sa première librairie en dur à Seattle, sa ville d'origine. Baptisée "Amazon et autres trésors" (ça, je n'en suis pas certain…) la boutique se veut une version physique d'Amazon.com ! J'ai posé ma candidature pour l'installation de la première boutique française ! Pierre

samedi 7 novembre 2015

Frankfurt : Tu pleures quand tu arrives. Tu pleures quand tu repars…

Frankfurt : Haut lieu de la saucisse moutarde...
Ce n’est vraiment pas de pot ! (comme disent les gens de chez Volkswagen). Nous sommes bloqués à Francfort pour deux nuits suite à une grève des pilotes de la Lufthansa : on ne peut plus faire confiance aux allemands ! Avec le décalage horaire, il nous aura fallu trois jours pour rentrer de Mexico à Marseille. La prochaine fois, on le fait à la rame... Ça ira plus vite !


Pourquoi tu pleures quand tu arrives ? L’Allemagne est un pays merveilleux et les gens sont, en général, charmants et très attachants. On y est rapidement dépaysé, surtout si on ne parle pas la langue de Goethe, et encore plus si l’on n’a pas choisi sa destination touristique, comme cela vient de nous arriver. Par contre, si vous parlez un anglais approximatif, vous n’aurez aucun problème ! Cela tombe bien car, comme nos bagages sont quelque part sauf à notre hôtel, il nous fallait acheter le strict nécessaire (brosse à dent et dentifrice qui va avec) et même un peu plus…


Les horaires sont très stricts en Allemagne. Pour nous déplacer dans Frankfurt, nous avons pris les transports en commun qui sont d’une exactitude toute germanique. Autre chose : La conduite automobile est d'une fluidité à nulle autre pareille. C'est curieux car, par nature, les allemands construisent des automobiles plutôt rapides. Mais dès qu'ils sont au volant, ils deviennent raisonnables ! Il y a aussi un réel sentiment de sécurité que l’on ne ressentait pas au Mexique, par exemple. Pas de maison individuelle ou de lotissements blindés, pas de grillage électrifié, ni de présence policière omniprésente… (voir texte Mexique)


En fait, la véritable sécurité, en Allemagne, est alimentaire,;-)) On peut même se laver les dents avec l’eau du robinet et – éventuellement – la boire... Quant à l’alimentation, pas de danger d’être tenté par un "tacos con tripa " servi avec une sauce pimentée, au coin de la rue ; pas une seule baraque ambulante à l’horizon !


Nous arrivons maintenant à la fin de notre court séjour chez nos amis germains. Pourquoi vous pleurez quand vous repartez ? Parce que l’Allemagne se prépare pour les fêtes de l’Avent et que la transition festive avec la "dia de la muerte" s’est donc faite en douceur… Parce que notre hôtel était très confortable, parce que, malgré tout, notre séjour nous a été offert par la compagnie d’aviation Lufthansa (à ses dépens), parce que notre "petite dernière" qui gardait la maison nous a dit que rien n’avait changé à Tarascon depuis hier, parce que le hasard nous a fait assister (en partie)  à un office en la cathédrale de la ville et que nous avons pu constater – comme au Mexique – que l’échange du geste de paix – était universel, parce que nous avons découvert cette ville multiethnique – on ne doit pas dire multiraciale mais multiethnique est-il politiquement correct ? – ses marchés, ses animations et ses magasins luxueux.


A ce propos, il y a longtemps que je n’avais pas vu autant de bijouteries proposant des montres "Patek Philippe"  en vitrine. J’ai même découvert que "Aston Martin" commercialisait des voiturettes ! Je vends ma maison et je m’en achète une ;-))


Francfort-sur-le-Main, c’est sûr : tu pleures quand tu repars… Le proverbe dit vrai. Pierre

jeudi 5 novembre 2015

Histoire des Martyrs de la Liberté par Alphonse Esquiros.


" Plus de livres,  plus de liberté !" aurait pu dire Alphonse Esquiros, lui qui passa sa vie à éduquer le peuple par le livre pour lui permettre de s'émanciper. Nul ne fut plus humble que lui. Il était l'ami des bons et des pauvres gens. Le Christ, qu'il semblait avoir pris pour modèle, aimait à vivre au milieu de simples pêcheurs ; et lui, lorsqu'il revenait à Marseille, se délasser des fatigues endurées au service de la cause républicaine, ce n'était pas à la porte des lettrés et des riches qu'il allait frapper ; non, c'étaient toujours vers les déshérités de l'instruction !

Cherchez le mexicain...
Alphonse Esquiros écrivit cette histoire des martyrs de la liberté en 1851 pour remercier ses électeurs de l'avoir élu à l'assemblée nationale. Cette tradition n'est plus guère suivie de nos jours. Il y a tant de choses plus sérieuses à faire quand on est un homme politique comme les réunions, les commissions, les groupes de réflexion, les discours, les repas de travail, les congrès, les rassemblements, les meetings, les rencontres et les rendez-vous avec la presse... Alors, écrire soi-même un livre !


En fait, le "socialiste" Alphonse Esquiros (1812-1876) ne fut pas, comme il le prétendit, un enfant du peuple ; il est issu d'une famille bourgeoise. Il reçut au petit séminaire une éducation religieuse qui le marquera fortement. Admirateur passionné de Victor Hugo, il aura plus de succès que lui en politique bien que leurs opinions et leurs parcours furent très proches.


A l'origine, c'est un recueil poétique, Les Hirondelles (1834) qui le fera connaitre du public malgré le petit nombre d'exemplaires vendus. Message d'espérance, Alphonse Esquiros y développe en préface son rêve d'une République des lettres, entre bonheur individuel, idéal socialiste et mystique chrétienne...


De 1834 à 1837, des articles donnés à La France littéraire et à La Presse, où Victor Hugo le fait entrer comme spécialiste des sciences occultes, rendent compte des activités multiples de l'écrivain : il fréquente les salons littéraires, les théâtres, les cours de la Sorbonne, les soirées et les bals. Cette période agitée et un peu déréglée engendre un roman philosophique, Le magicien (1837), traduisant ses angoisses et ses incertitudes.


Il est élu à l'assemblée nationale en 1850 lors d'une élection partielle député démocrate-socialiste de Saône et Loire et prend place sur les bancs de l'extrême-gauche. Il doit s'exiler lors du coup d'état de décembre 1851. Il rejoint d’abord la Belgique, puis passe en Angleterre. De Londres, il écrit des chroniques publiées dans La Revue des deux mondes et réunies progressivement dans une série de volumes édités par Hetzel et portant titre "L’Angleterre et la vie anglaise".


Son retour en France en 1870 le fait entrer dans le cénacle des dirigeants républicains de la France. Il est nommé Administrateur dans les Bouches du Rhône. Il est lâché par Gambetta en raison de ses positions par trop populistes mais restera sénateur jusqu'à son décès. Une belle vie, en somme, qui lui a permis de mettre son nom sur la page de titre de l'ouvrage mais heureusement pas dans la table des matières… Pierre


ESQUIROS Alphonse. Histoire des Martyrs de la Liberté. Chez J. Bry Ainé, Editeur, Paris 1851. Reliure demi percale marron. Cartonnage vert. [6ff], VIII,  240 pp,[1f bl]. Texte imprimée sur deux colonnes, avec de très nombreuses gravures dans le texte et hors-texte sous serpentes, dont un frontispice remarquable par David, Nanteuil, Frère, Beaucé, Staal,etc… 45 € + port

mardi 3 novembre 2015

Le Mexique : Tu pleures quand tu arrives… Tu pleures quand tu repars…


Pourquoi tu pleures quand tu arrives ? Le Mexique est un pays merveilleux et les gens sont, en général, charmants et très attachants. On y est rapidement dépaysé, surtout si on ne parle pas la langue de Cervantès, et encore plus si l’on est éloigné des grands centres touristiques, comme nous l’avons été pendant ces quelques jours. De plus, si vous croyez que votre anglais approximatif vous servira de sésame, vous allez être déçu ! Il n’y a pas vraiment de raison pour que le mexicain parle l’anglais – ni a fortiori le français -  en fait ! Toute démarche administrative, tout problème imprévu peut donc déstabiliser le plus stoïque des visiteurs… Il existe, par exemple, quelques notions qui nécessitent d'être clarifiées pour éviter les malentendus culturels :


Les horaires sont très aléatoires au Mexique. Donner rendez-vous à 10h, veut dire que la personne devrait éventuellement venir aux alentours de 10h : si vous préparez un menu cuisiné français pour un invité, par expérience, choisissez donc plutôt un plat à cuisson très longue !  Et prévoyez aussi qu’il pourra de même repartir à point d’heure… Vous entendrez souvent le "Si,si senior, ahorita !" qui peut se traduire littéralement par "oui oui, monsieur, tout de suite". Ahora voulant dire maintenant, le diminutif "ita" ajoutant même une impression d'urgence à la chose. En réalité ce mot peut aussi bien dire "tout de suite" que "bientôt" ou "demain" ou "jamais" !


Autre chose : La conduite automobile est d'une agressivité à nulle autre pareille. C'est curieux car de nature, les gens sont plutôt détendus. Mais dès qu'ils sont au volant, ils deviennent dingues. Armez-vous donc de patience dans les fréquents embouteillages... et faites pipi avant de partir ! Nous avons souvent choisi, avec mon épouse, d’aller au centre de Toluca à pied (1/2h). En voiture, c’est nettement plus long, aléatoire, et vous devrez trouver un « estationamento » sur place !


Il y a aussi une réelle peur de l’insécurité chez les mexicains que nous avons eu du mal à appréhender puisque nous ne l’avons pas vraiment vue pendant notre séjour. Les maisons individuelles ou les lotissements sont blindés, entourés de grillage électrifié, et la présence policière est omniprésente, Il doit y avoir une raison, non ? Il faut avouer que chantage, escroquerie, menaces, tout semble possible, ici. Comme le système judiciaire est quasi absent ou particulièrement inefficace, il n'y a aucune peur de la sanction, donc tout est permis… Un exemple ? A partir de 11 heures du soir, vous n’êtes plus obligé de vous arrêter aux feux rouges en voiture !


Non ! En fait, la véritable insécurité est alimentaire ;-)) Si vous raffolez des tacos, des sucreries, des fruits, toutes choses peu onéreuses que l’on trouve absolument partout… que vous en consommez toute la journée, et surtout n’importe quand, alors… vous pleurerez tout le temps !


Nous arrivons maintenant à la fin de notre séjour. Pourquoi vous pleurez quand vous repartez ? Bien évidemment, nous laissons derrière nous notre fille et notre petit fils mais c’est un peu plus que cela ! 


Nous avons été accueillis avec une grande gentillesse par notre gendre et sa famille. A l’occasion de la fête des morts, ils nous ont invités à partager ces moments si étranges que sont les offrandes à leurs défunts, ils ont essayé de nous faire comprendre le poids de leurs traditions et les archaïsmes qui s’y attachent. Ils sont bien évidemment lucides face à la pauvreté qui les entoure ! Mais le mexicain ne tend pas la main. Une multitude de petits boulots existent qui nécessitent, bien sûr pour le demandeur, d’avoir toujours un peu de monnaie dans la poche pour rétribuer le service rendu mais qui permettent à chacun de vivre dignement.


Nous avons essayé de rester humbles et discrets ; le blanc est souvent américain ou espagnol et pas forcément très apprécié - Nous avons toujours baragouiné un espagnol approximatif qui nous a valu l’aménité de nos interlocuteurs – Nous avons profité de la bonne réputation qu’ont les français au Mexique (allez-donc savoir pourquoi ?) - Et nous rentrons maintenant avec la gorge un peu serrée… 


Le proverbe dit vrai. Pierre